Dominique Paillé

Conseiller politique du Parti Radical

 

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Le travail du dimanche n’est pas un septième jour de travail
20 novembre 2008

Le travail du dimanche est une question culturellement sensible mais sociologiquement urgente. Elle renvoie à une France idéalisée, précisément à une France de 1906 quand est votée la loi sur le repos dominical. Or, depuis, la loi n’a pas changé, la France si.

Le contexte bien sûr mais la démographie, nos mœurs, nos besoins ont surtout évolué. 57% des Français se déclarent même favorables à une législation plus souple et les moins de 30 ans sont, eux, quasi unanimes. Qu’on y réfléchisse un instant et l’on découvre une autre réalité assez éloignée, en effet, de l’image d’Epinal. De nombreux français travaillent déjà le dimanche : agents hospitaliers, de transport, de police, personnels de musées, de cinémas, de restauration, etc. et bien sûr religieux. Chacun dans leur rôle sont indispensables à la vie d’une société. Bien sûr, ces travailleurs du dimanche justifient un grand nombre de dérogations, on en compte aujourd’hui plus de 180. Dès 1906, elles ont été nombreuses et acceptées. Pour autant, elles ne sont plus en adéquation avec la société d’aujourd’hui. Pour un francilien ou un habitant d’une grande agglomération, le temps de travail journalier augmenté du temps de transport ne permet plus de réaliser ses achats en semaine. Le samedi est un jour souvent libre mais, pour beaucoup, il est pris par les activités des élèves qui se concentrent sur ce seul jour du week-end. Le dimanche est donc un rare moment pour les courses de famille et en famille, là où elles sont possibles. La plupart des achats réaliser les dimanche est en effet des achats d’équipements. Quand ces achats ne peuvent être concertés, réfléchis, ils sont tout simplement reportés. N’est-il pas temps de favoriser l’ouverture des commerces dans les quelques principales agglomérations françaises ? La technologie a aussi sensiblement modifié les comportements. Internet a créé une vraie distorsion. Le commerce électronique est accessible tous les jours de l’année sans aucune exception ou restriction particulière alors que la loi de 1906 s’applique en toute rigueur au commerce de détail. N’est-il pas temps de rétablir les moyens d’une concurrence plus juste ? En plus de l’ouverture des commerces et restaurants, les services à la personne, les activités sportives, culturelles et associatives font également l’objet d’une demande nouvelle et croissante qui n’est pas prise en compte par la loi. L’économie du loisir et du tourisme était à son balbutiement au début du XXe siècle. N’est-il pas temps de reposer les critères d’ouverture des commerces et d’actualiser les zones et les périodes touristiques où sont les dérogations sont permises ?

Ayons le courage du débat. Il n’est pas illégitime que le législateur s’intéresse enfin à adapter la loi au nouveau siècle. Ce sont d’ailleurs seulement des dérogations que le Parlement s’apprête à discuter. Le dimanche est ce septième jour qui rythme le passage d’une semaine à l’autre. En France, le repos dominical est la règle et il le restera. Le dimanche a une place à part, inscrite au plus profond de notre culture. Le dimanche a marqué la conquête des premiers jours de repos dans une France industrieuse du début du XXe siècle qui n’en connaissait pas. Elle a ouvert le droit aux congés payés et aux deux jours de repos par semaine. Personne ne remet aujourd’hui en cause cet acquis.

Pour autant, il ne doit pas devenir un jour mort qu’il n’a jamais été. Au nom de quoi le travail du dimanche doit-il être interdit ou plus contraint que par le passé ? A une époque où existe les congés payés, les RTT, où la féminisation du travail est généralisée, où la famille a changé, où les jours d’écoles ont évolué avec la semaine de quatre jours, la liberté de choisir son temps libre en fonction de ses attentes et de ses besoins peut au contraire être une autre dimension du progrès social. Le travail du dimanche n’intéresse pas tous les salariés mais certaines catégories de travailleurs, à la recherche de temps disponible en semaine. C’est notamment le cas de nombreux étudiants qui trouvent ainsi les revenus pour faire leurs études et le temps en semaine pour s’y consacrer pleinement.

L’ouverture du dimanche est une réponse à des besoins multiples et souvent nouveaux qui ne peuvent être sous-estimés ou méprisés. La proposition de loi de Richard Mallié ne vise à rien d’autre qu’à les prendre en compte et à apporter un cadre légal aux multiples dérogations. En outre, il associe au premier chef les conseils municipaux et les salariés qui pourront faire valoir au terme de la loi un « droit de refus » à ce jour inexistant. Le dimanche ne sera donc pas un jour de travail comme les autres. Et, parce qu’il doit rester un jour à part, même travaillé, l’UMP a proposé, à l’occasion de ses ateliers du changement, une survalorisation double de sa rémunération.

Dominique Paillé



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