Dominique Paillé Conseiller politique du Parti Radical |
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BORLOO NOUS LAISSE ORPHELINS
3 octobre 2011 J’ai échangé très longuement avec Jean-Louis Borloo samedi. A mots couverts, ce n’était pas très clair, mais il m’a fait comprendre qu’il n’avait aucun espace, d’autant que je le pressais de donner une décision, positive ou négative, cette semaine. Je l’ai eu à nouveau dimanche. Il m’avait posé une question que je résume grosso modo ainsi : "Est-ce que Sarkozy peut descendre à 11 ou 12 % ?" Je lui ai dit que je ne pourrais pas le lui garantir mais que cela dépendrait beaucoup de sa dynamique de campagne. Jean-Louis Borloo nous laisse orphelins. Il faut que nous trouvions une solution. Ce qui est regrettable, c’est qu’il a embarqué dans cette affaire des gens qui ont pris de leur temps et de leur énergie, comme moi, comme Rama [Yade], comme Yves Jégo ou Laurent Hénart, pour essayer de nourrir cette candidature. Pour tous ces gens-là c’est un peu amer. L’aventure présidentielle est aussi une aventure collective, je respecte sa décision personnelle, mais j’aurais aimé qu’au moins ceux qui étaient autour de lui aient été convenablement informés. Ce retrait de Jean-Louis Borloo est, dans la forme, un mauvais coup pour le Parti radical, et aussi un mauvais coup pour les électeurs qui avaient mis en lui un certain espoir. S’il n’y avait pas d’espace pour Jean-Louis Borloo, il y en a donc encore moins pour Hervé Morin… ? Cette aventure était à double détente. De court terme avec l’élection présidentielle et de long terme : donner à la droite et au centre une expression qui ne soit pas uniquement l’expression droitière et populiste de l’UMP. Faut-il un candidat en 2012 pour représenter vos idées ? L’idéal lorsque vous êtes en train d’organiser un courant de pensée, c’est qu’il y ait une candidature pour le porter. Dans notre système, c’est à partir de l’élection présidentielle que l’on peut reformater le paysage politique. Bien évidemment, on ne peut pas se permettre d’envoyer une candidature de témoignage. Il faut une candidature qui réponde à une dynamique et qui soit porteuse. Si nous n’avons pas cette candidature, il faudra trouver une autre solution. Le retrait de Jean-Louis Borloo va d’abord bénéficier à François Bayrou puis à Marine Le Pen et ensuite aux écolos et à Nicolas Sarkozy. Avez-vous déjà un candidat qui peut porter cette dynamique ? Attendez ! Nous apprenons dimanche soir la décision de Jean-Louis Borloo, nous allons maintenant en tirer les conclusions après réflexion. Il faut attendre, réfléchir. Nous avons désormais du temps. Vous pouvez imaginer voter pour Nicolas Sarkozy en 2012, dès le premier tour ? Ce n’est pas à l’ordre du jour. Intervew à retrouver sur le JDD.fr du 031011 |
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